Reconnu comme l’un des grands rendez-vous de la saison, les
Templiers sont aussi quelque part à l’origine de l’engouement que connait le trail aujourd’hui. En tout cas, presque 5000 coureurs ont rejoint l’Aveyron pour participer à cette 15e édition aux allures d’anniversaire. Presque 3000 sont là pour la Grande Course des Templiers programmée le dimanche. Au programme, 72km entre Causses et forêt, dans une nature superbement sauvage, pour un parcours réputé comme l’un des plus beaux en France. Pour moi, c’est le dernier objectif de la saison après la CCC.
Le réveil est sonne à 3h30 pour notre délégation franc-comtoise. Notre ambassade de la cancoillotte est à la Cavalerie, à quelques kilomètres de Nant. Chacun boucle son sac et commence à se concentrer en fonction du temps visé. Dans la voiture déjà, la procession des phares est un prémice de la suite. Un peu plus tard, je me retrouve sur la ligne de départ avec Julien, Yves, Maxime, Gaelle, Hervé… Nous nous encourageons et profitons de cette athmosphère si particulière du départ. C’est parti. 5h15
Très vite, je constate que je suis un peu loin dans le peloton. Beaucoup de frontales devant, beaucoup derrière. La remontée s’engage tout de suite accompagné de Julien et Yves jusq’au premier ravito avant que nos routes ne se séparent. Il faut doser entre l’envie de sprinter pour remonter au plus vite et ne pas laisser trop de force dès maintenant. Les choses se déroulent convenablement. Un petit bouchon dans le talus du 6e km vers Freyssinet et ca file déjà vers la voie ferrée puis la montée du St Guiral. La météo est idéale, un peu venteuse et humide pour l’instant, mais le soleil s’approche.
Déjà, certains coureurs cherchent leur second souffle. Le sommet du St Guiral est atteint après 30km. Puis c’est la première vraie descente qui conduit vers Dourbies et le premier ravito complet. Le jour se lève et révèle des couleurs et des images incroyables. Difficile de s’arrêter pour contempler ce spectacle !
A Dourbies, les spectateurs sont massés le long du passage des coureurs. Les encouragements fusent, nos prénoms sont scandés pour nous encourager. L’avantage, à cette vitesse, c’est qu’ils peuvent lire nos prénoms sur les dossards ! Bref, je remplis mon camel et repart de suite. Je ne veux pas perdre de temps et surtout, les ravitos des Templiers sont toujours au pied d’une bosse. Un arrêt trop long signifie quasiment un redémarrage pénible derrière.
La section entre Dourbies et Trèves se passent bien. C’est la crète du Suquet. Panorama à 360° sur cette crète avant de plonger vers Trèves. Les cuisses commencent à durcir et je temporise dans la descente pour mieux gérer la suite sur le causse de St Sulpice. J’espérais commencer à envoyer à partir de là mais les sensations ne sont pas top. Il reste 20km et je suis juste dans mes temps de passage.
Au ravito de Trèves, j’adopte la même stratégie et repart très vite. Un long plateau sur le causse bien roulant caractérise la section d’après qui conduit à Cantobre. C’est important de pouvoir courir là. J’avance comme je peux, mais ca va. Par contre, les 5 derniers km avant Cantobre sont techniques et physiques. Difficile de ne pas marcher, mais je remonte toujours des concurrents même en marchant. La descente sur Cantobre n’est pas plus rapide. Aérienne, elle appartient à la légende des Templiers. Dernier ravito à Cantobre, toujours aussi court, je repars pour le dernier rush.
Il reste moins de 10km pour finir, avec la remontée sur le Roc nantais. Dernier bain de foule avant de m’enfoncer dans la forêt. Je monte efficacement, mais le jus n’est plus là pour relancer sur la faux plat sommital. Cette fois, c’est dans la tête que les choses se passent. Je peux passer sous les 9h, comme je l’espérais. J’entends la sono de l’aire d’arrivée avant d’attaquer la descente. Des crampes m’immobilisent au même moment ! J’y crois pas. Je m’efforce d’avancer, mais je ne vais pas pouvoir envoyer dans la dernière descente ! Je gère et regagne Nant dans un dernier effort. Ouf ! A nouveau, les spectateurs sont en nombre et « obligent » à courir jusqu’au bout. Je finis en 8h48, 160e. Largement satisfait de ce résultat qui boucle ma première vraie saison de trail. Presque 30% des partants ne termineront pas.
Sauvage, technique, varié, physique, animé… d’autres adjectifs collent parfaitement aux Templiers. Je suis sûr que cette course sera encore à guichet fermé l’an prochain. Y serez vous ?
Lien : www.vo2.fr/templiers
(article disponible aussi prochainement sur le site du team endurance shop Besançon)